formes brèves

F. a. u t. – i. l. Ç. a. ? V. o. i. r. ?

Tu peux manger ta mère ton frère ton père ta soeur aucun article de loi ne l’interdit.

Tu peux t’empaler sur le sexe dur et mort de ton défunt à partir du moment où tu as signé une autorisation.

Tu peux faire glisser des maux dans les mots c’est une construction sociale tout le monde va la relayer: t’est autiste, t’est bipolaire, t’es handicapé? mêmes si c’est pas vrai, L’État circonscrit le stigmatisé.

Tu peux mener une carrière de serial killer et devenir un héros, tu as le mode d’emploi et l’accommodation qui va avec. Becker l’a dit & les lois ventilent les crimes à la mesure des articles.

Tu peux appartenir à un groupe, «être cool», mais sache que  tu vas en isoler un autre, le stigmatiser, car c’est dans ta nature. Élias, l’explique très bien.

Tu peux porter des stigmates, «tribaux, visibles ou invisibles, des tares de caractères», tu les porte ils sont inscrits en toi, ils font partie de ton corps, de tes mots, de tes interactions, un point c’est tout! Et tu vas réagir dans la vie sociale en fonction de ces marqueurs. Goffman, l’a étudié.

Tu peux être un visionnaire et vouloir changer le monde, tu seras un illuminé, un agitateur qui brise la norme, tu seras isolé.

Tu peux être un travailleur, une travailleuse, avec un emprunt sur le dos pour ta maison, un désir d’enfant dans le jardin : tu seras un sujet acteur de ta vie dans la «société» que tu pourras inviter pour les anniversaires : conforme aux attentes. Élias le décrit.

Tu peux être un artiste, penser, bousculer les cadres, les pulvériser, proposer un autre imaginaire, une représentation du monde non normée, tu seras un déviant, tu t’exposes aux stigmates et à la précarité.

Tu peux être un homme ou une femme d’affaires à la tête d’un groupe produisant des richesses et des emplois sous-payés: tu seras un modèle pour la société normée et tu auras de l’influence.

Tu peux être une femme ou un homme d’affaires à la tête d’un groupe spéculant sur les ressources naturelles : tu feras la pluie et le beau temps des jours de faim.

Tu peux être un homme à la tête d’un gouvernement et même si tu es super con & que tu as du pognon tu prendras ton pied en arrosant tout le monde comme si tu éjaculais toutes les dix secondes sur les êtres qui le compose.

Tu peux être un homme ou une femme qui se trompe de colère et qui prend son gun pour buter quelqu’un qui est différent de toi, dans les idées, la culture ou la couleur de peau, c’est permis dans ce monde.

Tu peux être un humain inhumain mais on ne sait pas trop ce que ça veut dire aujourd’hui, ça existe dans le monde.

Tu peux être un homme ou une femme qui tue au nom de croyances qui datent du moyen-âge et de la nuit des temps.

Tu peux te faire tripoter et te faire pénétrer par des bites «sacrée» l’église protège ses serviteurs.

Tu peux te faire spolier ton identité, ta liberté, ton imaginaire, tes rêves et ta joie par les personnes qui veulent tout expliquer à un instant T et cherchent à t’influencer, car : «tu ne sais rien» croient-elles.

Tu peux te faire museler la liberté par les hommes qui ont conçu un monde pour eux en oubliant les femmes.

Tu peux te faire influencer par la bien-pensance masculine qui stratégise des plans sur la comète en riant avec leurs gros ventres et leur bouches sales à l’idée de parquer les femmes dans la cuisine.

Tu peux accepter de te faire toucher par des beaux gosses qui pensent avec leur gourdin et n’hésiteront pas à te le mettre dans la gueule, après…

Tu peux te prendre pour un prince ou une princesse comme les contes que tu bouffes durant ta petite enfance, et que tu transmets à ta progéniture.

Tu peux jeter tes déchets dans la nature qui te nourrit, acheter des animaux exotiques sur un marché asiatique et semer la mort potentielle.

Tu peux gagner du fric en le plaçant pour en gagner encore plus et investir dans l’immobilier, le blé, le pétrole, ta mort.